Sanary – Plovdiv en train, Episode 2 : Passer la frontière

 

Gare de Jesenice (SL), Lundi 18 Juillet 2016 

Encore 1h15 avant le départ de mon prochain train, direct pour Beograd/Belgrade.

La gare est calme. La ville dort encore.

J’achète mon billet de train pour Belgrade : 60 € ! ça me paraît cher. Pour combien de km ?

Et si je compare avec le coût de mon trajet italien, qu’est-ce que ça donne ?

Un air d’atmosphère post-communiste flotte dans la gare : la hauteur imposante du plafond, la rectilignité des lignes (si, si ! ^^), la géométrie des détails ornementaux, le design dur, froid et massif des bancs, et…le look des gens.

devant-la-gare-de-jesenice-2

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Petit matin blême à Jesenice

gare-de-jesenice

Couple Slovène et Valise à Roulettes.JPG

Un couple qui attend, mais quoi ? Pas le même train que moi, en tout cas.

Gare de Jesenice détails archi_Porte.JPG

Détail Porte de la gare de Jesenice

De la vendeuse de billets au couple sans âge, assis sur le banc, qui attend, avec toute la patience du monde, un je ne sais quoi que je n’identifie pas.

Les fringues, les lunettes, chacun de ses « objets » auquel nous confions notre corps, a un côté fonctionnel. Et le moindre sens de beauté, de personnalité, de recherche esthétique a disparu.

A quoi sert le Beau ou le Frisson esthétique, hein ?

Moments de latence.

Curieux comme certains souvenirs d’hier paraissent déjà lointains, fugaces et en même temps si précis.

Les dernières heures ont plutôt été rock and roll.  Allez, Flashback, Retour en arrière sur la nuit précédente.

*************

Gorizia (Italie), Dimanche 17 Juillet 2016

C’est sûr que descendre à 22h passées un dimanche soir dans la gare d’une petite ville de province italienne sans savoir comment j’allais parcourir les 6 kilomètres pour me rendre à la gare slovène voisine était le choix de l’aventure plus ou moins consciemment choisi. (Nb: je ne parle italien, ni slovène).

Effectivement ni bus ni taxi pour rejoindre la gare de Nova Gorica depuis Gorizia Centrale.

Au lieu de demander aux chefs de gare comment trouver un taxi (trop facile, Cécile!), j’ai suivi un couple de Slovènes (enfin supposés Slovènes d’après moi après les avoir remarqués dans le train).

Eux aussi dépités par l’absence de bus, ils avaient choisi de marcher vers …

Je ne savais pas.

Mais je me suis dit qu’ils devaient avoir la même destination que moi.

Je commence donc à les suivre, ma valise à roulettes rouge avec moi.

La ville est calme et propre, c’est dimanche soir après tout. La température extérieure agréable.

Au fur et à mesure que j’avance/nous avançons, (de temps en temps mes compagnons de voyages involontaires se retournent interrogateurs), mes espoirs de trouver taxi voire chambre d’hôtel (fatiguée, je me demande si je ne vais pas dormir dans cette ville) s’amenuisent.

Le couple finit par prendre à droite, je n’ose les suivre et continue sur l’axe central.

Pour faire demi-tour quelques instants plus tard.

Je finis par prendre à droite aussi, mais nul hôtel en vue.

J’avise une serveuse qui finalement me met sur la route de la Slovénie.

Je traîne ma valise dans les rues désertes. Le fracas des 4 roulettes sur les trottoirs inégaux ne permet pas la discrétion.

 Je reste zen, mais si je me sens un peu proie facile inratable avec ma valise à roulettes. Bref.

Après de multiples détours (dont un à 23h30 le long de l’hôpital psychiatrique du coin, je vous laisse imaginer l’ambiance), je finis par passer la frontière.

valise-a-roulettes-frontiere-italo-slovenemeet-slovenia

Non, Rožna Dolina ne signifie pas Bienvenus en Slovène. Il s'agit du nom 
d'un des quartiers de la ville de Nova Gorica.

Et là, tout change, les tranquilles demeures italiennes cèdent la place à des casinos, bars et autres stations services flambants neufs et aux néons brillant dans la nuit.

Après 2h de marche, je me poserais bien quelque part.

Ah, un café ! Ô, Joie !

Pas de bol, le café ferme.

Je négocie quand même une indication pour rejoindre la gare.

5 min à pied me dit-on, il n’y a qu’à suivre la piste cyclable

Je repars et me réjouis quand je trouve la piste cyclable : Objectif bientôt atteint, youhou !!

Sauf que je ne sais pas si je dois la prendre à droite ou à gauche.

« Logiquement », c’est à droite que doit se trouver la gare

J’avance j’avance j’avance

Pas la moindre trace de gare à l’horizon

Ni âme qui vive

Heureusement c’est bien éclairé.

Je fais demi tour pour prendre la direction opposée.

Je marche je marche je marche

La magnifique piste cyclable me fait penser à une autoroute, sauf que moi, j’avance pas à 130 km/h :s

Pas de gare non plus

Je persévère

L’éclairage change

Devient un peu glauque

La piste se courbe réduisant la visibilité

Et la faune locale se met tout à coup à jacasser bruyamment. Je distingue 2 types d’aboiement ou équivalent. Mais je ne saurais dire s’il s’agit de chiens ou d’autres bestioles.

Ça va pas le faire là, Cécile. On arrête de jouer les aventurières maintenant !

Ok.

Je me décide à rejoindre un îlot de lumière station-service.

Les gens hallucinent de le voir débarquer avec ma valise à roulettes, y a peu de piétons voyageurs dans le coin.

Un petit coin de paradis ! A boire, à manger et des toilettes !

Je demande où est la gare. A 2,5 km !

Dans la nuit noire…

J’opte pour le taxi que le personnel de la station-service appelle gentiment pour moi.

Ouff, sortie du pétrin !!

J’attends dehors.

La station-service est un peu le café du coin.

Des ados jouent au Uno.

Un couple se retrouve.

Des italiens mangent un sandwich.

Le chauffeur de taxi a une cinquantaine d’années et râle.

Il conduit comme un dingue.

La voiture traverse une forêt et dévale les lacets de la route, la gare n’est plus très loin.

Le chauffeur se radoucit et me demande où je vais.

Belgrade ? En train ? Non, mais vraiment quoi ?!

Il me croit un peu maso, prendre un bus à Trieste aurait été tellement plus simple !

Lui-même est de Belgrade.

Je me dirige vers le café à côté de la gare (une bière, une bière, une bière !). Un coup de klaxon du taxi : non, l’entrée de la gare, c’est la porte à côté.

Ok, je reste sage.

La gare est déserte.

Nova Gorica pour la Nuit.jpg

Simple et jolie : la gare de Nova Gorica

Les bancs de bois chauds après la fraîcheur de la nuit.

J’explore les lieux et je m’allonge.

Je m’endors sans me rendre compte.

nova-gorica-pour-la-nuit-le-banc

Une petite sieste nocturne impromptue sur un de ces bancs de bois ferme et chaud

Me réveille au passage d’un mécano.

Cette gare vit un peu la nuit.

Me rendors les mains agrippées à mon sac.

Le réveille à nouveau : mon train est là.

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C'est la 1ère fois que je prenais un train dont le départ était à 3h30 du matin

3 heures du matin. Départ dans 30 mindans-le-train-et-pourtant-je-dorstrain-touristique-slovene

Plutôt sympa ce train avec des destinations touristiques slovènes

Me rendors

Me réveille au passage du contrôleur

Suis la seule dans le train

J’achète mon billet

Heureusement que la Slovénie a choisi l’euro !

Ça me facilite la tâche

Me rendors

Me réveille

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Dober Dan, Slovenia !

J’ai des voisins

Me rendors

Me réveille

Le jour est là !

La montagne aussi.

5 : 22

Il fait totalement jour.

L’homme – édenté – assis derrière moi m’adresse la parole. Je finis par comprendre qu’il me demande d’où je viens.

« La France ? Ah.  »

Voilà sa réponse à la mienne.

Le nuage sombre de l’actualité récente m’effleure.

Les montagnes slovènes.jpg

Paysages alpestres de petit matin !

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La gare de Kočna, moins bucolique

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La gare de Jesenice

 

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